50 ans : Groupes de l’enlèvement des explosifs de la GRC – leadership et jugement (partie 3)
Depuis 50 ans, les groupes de l’enlèvement des explosifs (GEE) de la GRC interviennent face à des dangers que la plupart des Canadiens ne verront jamais. Cette série d’articles en trois volets explore les personnes, la philosophie et l’évolution derrière l’une des spécialisations policières les plus exigeantes.
Le troisième article de cette série de trois explore le leadership, le jugement et l’assurance tranquille qui définissent les groupes de l’enlèvement des explosifs de la GRC à travers l’expérience des spécialistes qui façonnent la discipline aujourd’hui et qui en assurent la continuité pour les décennies à venir.
Avez-vous manqué la partie 1 ou la partie 2 ?
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Pour la sergente d’état-major Anne Alary, le travail de neutralisation des explosifs se résume souvent à un instant précis : celui où l’incertitude se resserre et où quelqu’un doit décider de la suite.
Le travail du GEE, explique-t-elle, n’existe jamais en vase clos. Il s’inscrit au croisement d’autres unités policières, d’organismes partenaires et de compétences qui se chevauchent, souvent sous pression et avec une information incomplète. Dans ces moments, la clarté est plus importante que la rapidité.
« À un moment donné, dit Anne, quelqu’un doit prendre une décision. »
Bien avant de se joindre à la GRC en 2003, Anne a appris à performer sous pression en tant qu’athlète de haut niveau. Elle a joué au hockey universitaire à l’Université d’Ottawa puis a participé aux compétitions de la Ligue nationale féminine de hockey, avant de transposer cette même discipline au travail policier.
Après avoir obtenu son diplôme à Depot, Anne a occupé une grande variété de postes qui ont renforcé ses compétences : du maintien de l’ordre en milieu rural à Assiniboia, au service à Pelican Narrows, dans le nord de la Saskatchewan, en passant par une affectation au Carrousel, des fonctions de protection sur la Colline du Parlement, puis des activités de surveillance au sein des Opérations spéciales.

Une personne de l’entourage professionnel d’Anne, qui a travaillé dans les opérations chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires (CBRN), a encouragé Anne à envisager une carrière au sein du GEE. Anne a eu la chance d’accompagner des membres du GEE et a constaté que cette spécialisation lui correspondait parfaitement.
« Les choses ne sont jamais noires ou blanches dans le GEE, précise-t-elle. Tout le travail se situe dans les zones grises. Vous changez une variable, et tout change. Il n’y a aucun manuel décrivant la façon de faire. »
Aujourd’hui, Anne est sous-officière responsable du GEE de la Direction générale et du Centre des politiques à Ottawa. Elle est technicienne en explosifs qualifiée et spécialisée en entrée forcée avec explosifs et elle travaille à l’intersection des opérations, des politiques et de la coordination nationale.

« Certains jours, raconte-t-elle, tout se joue en un instant – et il faut être prêt à se demander : qu’est-ce que je fais maintenant? »
Cette importance accordée à la préparation a marqué son travail comme instructrice au Collège canadien de police, où elle a contribué à la formation de futurs techniciens en explosifs, en mettant l’accent non seulement sur les procédures, mais aussi sur la discipline mentale requise lorsque les membres doivent s’en remettre uniquement à leur jugement.
Anne est aussi l’une des rares femmes à avoir servi au sein d’un GEE de la GRC, un fait qu’elle n’a jamais considéré comme déterminant. Dans le GEE, la crédibilité repose sur la compétence, la constance et la confiance. Son autorité découle de son expérience, acquise au fil des années, à prendre des décisions lorsque les enjeux étaient élevés et que les réponses n’étaient pas toujours évidentes.
Son parcours reflète une assurance tranquille, non pas fondée sur la visibilité, mais sur un solide sens du jugement.

Objectif : contrôle
Pour le sergent Peter Vail, la méthode d’élimination des explosifs est rarement décidée au moment où un technicien s’approche d’un dispositif. La plupart du temps, l’approche est déterminée bien avant cela – grâce à la planification, à l’évaluation et à la discipline acquise au fil de décennies d’expérience.
Avant d’entrer dans les services de police municipaux au Nouveau-Brunswick en 1994, Peter a servi dans la Première réserve des Forces canadiennes, où il a rapidement été exposé à des explosifs. Cette expérience a jeté des bases importantes, mais c’est une intervention survenue quelques années plus tard qui a véritablement aiguisé son intérêt. En 1997, après être intervenu lors d’un incident impliquant une bombe artisanale et avoir observé le travail d’un technicien en explosifs, Peter s’est senti de plus en plus attiré par ce domaine.
En 2000, il a été sélectionné pour suivre le programme de technicien en explosifs du Collège canadien de police, marquant le début officiel de sa spécialisation. Lorsqu’il a intégré la GRC en 2005, il a poursuivi ce travail, devenant par la suite une figure de premier plan dans l’évolution de l’élimination des explosifs dans la région.
Au moment de la rédaction du présent article, Peter occupait depuis 12 ans le poste de coordonnateur de la division J pour le GEE de la province. Dans le cadre de ses fonctions, il a aidé à orienter les efforts de modernisation tout en maintenant la continuité avec les principes fondamentaux transmis par les générations précédentes de techniciens.
« Nous en sommes à la troisième ou quatrième génération de véhicules téléguidés », explique Peter. Il a été témoin d’un certain nombre de progrès au cours de ses 25 années de service. « Nous en sommes à la quatrième génération de combinaisons de protection contre les bombes, et à au moins à la troisième génération d’équipement technique, comme les appareils de radiographie. »
50 ans : Groupes de l’enlèvement des explosifs de la GRC – tout le monde rentre à la maison (partie 2)
Depuis 50 ans, les groupes de l’enlèvement des explosifs (GEE) de la GRC interviennent face à des dangers que la plupart des Canadiens ne verront jamais. Cette série d’articles en trois volets explore les personnes, la philosophie et l’évolution derrière l’une des spécialisations policières les plus exigeantes.
Le deuxième article de cette série de trois examine comment le travail a évolué au cours de la carrière du sergent Jamie Briggs, dont l’expérience met en évidence une vérité fondamentale du GEE: la technologie crée de la distance et non la sécurité, et le succès est mesuré par le fait que tout le monde rentre à la maison.
Vous avez manqué la partie 1?
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Avant que le sergent Jamie Briggs ne se joigne à la GRC en 1980, il avait déjà passé une décennie au sein du groupe tactique d’intervention d’urgence de la GRC. Il se rappelle avoir travaillé en collaboration avec un expert de la GRC en entrée en contexte explosif, qui l’a encouragé à explorer cette spécialisation au sein de la GRC. Jamie a été assermenté à la GRC et est devenu coordonnateur du GEE pour la division H. Il a aussi supervisé l’équipe d’intervention en détection chimique, biologique, radiologique, nucléaire ou explosifs (CBRNE) de la région de l’Atlantique, assumant pendant 17 ans le rôle de seul technicien à temps plein couvrant plusieurs provinces.

Au fil des ans, la technologie a transformé le domaine. La robotique, les rayons X numériques et les outils avancés de détection chimique ont permis aux techniciens des GEE d’évaluer les menaces à distance. Jamie a accueilli favorablement ces innovations, tout en demeurant lucide quant à leurs limites.
« La technologie vous donne de la distance, explique-t-il. Elle ne rend pas le travail sécuritaire. »
Il se souvient d’un appel d’une personne barricadée à Stewiacke, en Nouvelle-Écosse, où un individu a tiré directement sur un robot du GEE.
« Je n’ai pas perdu de membre du personnel, se souvient Jamie. J’ai perdu une caméra. J’appelle cela un succès. »
Tous les dangers ne peuvent toutefois pas être atténués à distance. En 2005, au cours de ce qu’il croyait être une opération de routine impliquant l’élimination de fusées éclairantes marines périmées à Liverpool, en Nouvelle-Écosse, une explosion a secoué un garage sécurisé. Jamie a survécu, mais il a subi des blessures permanentes : une partie d’un doigt arrachée, les tympans perforés et des blessures causées par des éclats dans le haut du corps.
« Si une personne s’était trouvée à mes côtés, raconte-t-il avec calme, elle n’aurait pas survécu. »
Il est retourné au travail quelques semaines plus tard, motivé non pas par la bravade, mais par le sens du devoir. Il n’a toutefois jamais sous-estimé le poids de ces événements sur ses proches.
« J’ai encaissé, explique-t-il. Mais ma femme a porté le poids de cet incident plus longtemps que moi. »
Tout au long de sa carrière, la philosophie de M. Briggs est demeurée simple : pas de héros.
« Tout le monde rentre à la maison, souligne-t-il. C’est la véritable mesure du succès. »
Malgré les risques liés au métier, il repense à l’évolution du GEE avec admiration.
« Lorsque j’ai commencé, nous n’avions qu’une lampe de poche, un revolver et des menottes, se rappelle-t-il. Maintenant, nous avons la robotique, la détection chimique avancée, les rayons X numériques… les capacités dont nous disposons aujourd’hui sont incroyables. »
Mais il insiste sur le fait que même les outils les plus avancés ne remplacent pas l’humain. Chaque appel exige du jugement, de la précision et de la retenue sous une pression intense.
Des garages sécurisés des détachements jusqu’aux résidences où des personnes sont barricadées, la carrière de Jamie Briggs illustre que le travail lié aux explosifs va bien au-delà des compétences techniques. Il est question de responsabilité, de confiance et de préparation, sachant que chaque décision peut faire la différence entre la vie et la mort.
Les leçons que le sergent Jamie Briggs a tirées de sa carrière sont claires : la formation et la technologie sont essentielles, mais la mesure ultime du succès est toujours la même : assurer la sécurité de son équipe et du public, et veiller à ce que tout le monde rentre à la maison.
Avant et maintenant : comment le travail s’est transformé
1970 à 1980
- Bâtons chauffants et trousses de cordage
- Combinaisons de protection robustes de type militaire
- Aucune robotique
- Plaques pour rayons X à usage unique
- Distance de sécurité minimale
- Petites équipes, voyageant souvent seules sur de longues distances

Aujourd’hui
- Combinaisons de protection légères et perfectionnées issues de la recherche canadienne
- Technologie robotique spécialisée permettant une manipulation de précision
- Systèmes de radiographie numérique avec imagerie instantanée
- Brouilleurs, dispositifs de neutralisation et outils de précision
- Normes nationales de formation et d’intervention
- Intégration avec la détection chimique, biologique, radiologique et nucléaire (CBRN)
- Solides partenariats interorganismes avec les unités de déminage militaires et municipales
La différence est de taille, mais le cœur du travail demeure le même.
L’ingéniosité canadienne sur la scène mondiale
L’une des contributions les plus importantes des GEE a été leur influence sur les normes mondiales de neutralisation des explosifs.
La recherche canadienne a contribué à façonner la conception de combinaisons modernes de protection contre les bombes utilisées dans le monde entier.
Les techniciens canadiens ont élaboré des procédures que d’autres pays ont adoptées.

Les GEE canadiens sont réputés pour leur professionnalisme, leur ingéniosité et leur esprit collaboratif.
Encore aujourd’hui, les partenaires internationaux rappellent parfois aux techniciens en canadiens en explosifs:
« Vos méthodes ? Nous les utilisons aussi maintenant. »
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À mesure que les outils évoluaient et que les normes se renforçaient, une vérité ne changeait jamais : l’élimination des explosifs est en définitive une question de jugement.
Dans le troisième article de cette série, nous passons au présent – où la coordination nationale, les politiques et le leadership se recoupent – et nous rencontrons les personnes responsables de prendre les décisions les plus difficiles, lorsqu’il n’y a pas de réponses parfaites.
50 ans : Groupe de l’enlèvement des explosifs de la GRC – les débuts (partie 1)
Depuis 50 ans, les groupes de l’enlèvement des explosifs (GEE) de la GRC interviennent face à des dangers que la plupart des Canadiens ne verront jamais. Cette série d’articles en trois volets explore les personnes, la philosophie et l’évolution derrière l’une des spécialisations policières les plus exigeantes.
Le premier article de cette série de trois retrace les origines de l’enlèvement d’explosifs à la GRC, depuis ses débuts marqués par des interventions à très courte distance et à haut risque, jusqu’aux méthodes de formation, à la culture professionnelle et à la discipline opérationnelle qui continuent d’orienter ce travail aujourd’hui.
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Dans les années 1970, à l’aube, sur une ferme rurale, deux techniciens en explosifs de la GRC traversent l’herbe figée par le gel en direction d’un bâtiment délabré. L’appel du jour ne provenait pas d’une scène de crime. L’appel vient d’un propriétaire foncier qui a découvert de la dynamite vieille de plusieurs décennies lors de travaux dans une grange délabrée.
Le matériel transporté par les techniciens reflète l’équipement de sécurité « haute technologie » de l’époque : une lourde combinaison de protection contre les explosions, un bouclier portatif et de longs outils n’offrant que quelques mètres de distance supplémentaires face à de la dynamite rendue instable par le temps.
À ses débuts, l’enlèvement des explosifs était un travail de proximité. La sécurité reposait sur la formation, la discipline et la confiance entre les membres, qui travaillaient à seulement quelques pas les uns des autres. Lorsque tout se déroulait sans incident, le résultat passait inaperçu : aucun grand titre dans les journaux, aucune explosion, seulement la certitude silencieuse qu’un risque avait été écarté et que le terrain d’une famille avait été rendu sûr.
Au cours du dernier demi-siècle, les GEE de la GRC sont intervenus face à des dangers que la plupart des Canadiens n’ont jamais vus, leur succès se mesurant à l’absence de catastrophes dévastatrices.
Retour aux origines : bâtir une discipline
Les GEE de la GRC ont pris forme vers le milieu des années 1970, à des moments légèrement différents d’une région à l’autre du pays, alors que les menaces mondiales évoluaient et que les services de police commençaient à reconnaître la nécessité d’une expertise spécialisée. Par exemple, la GRC de la Colombie-Britannique souligne l’année 1975 comme étant l’année de fondation de son GEE, un jalon de 50 ans qu’elle a récemment commémoré. Ailleurs au pays, des capacités semblables se développaient en parallèle.
À l’échelle nationale, la GRC a beaucoup compté sur les Forces canadiennes au cours de ces années charnières. Les premiers techniciens en explosifs ont été formés à la Base des Forces canadiennes Borden (BFC Borden), où ils suivaient des cours militaires exigeants sur les explosifs, initialement conçus pour les soldats. La formation était sans compromis et les attentes, clairement définies.

« Ils vous inculquaient la patience, se souvient le sergent Lev Jackman, officier responsable du GEE du Nouveau-Brunswick (division J), de la fin des années 1980 jusqu’à sa retraite en 2000. Vous ne vous pressiez pas. Vous ne faisiez pas de suppositions. Vous preniez le temps nécessaire, parce que sinon, quelqu’un pouvait mourir. »
Lorsque Lev s’est joint à la GRC en 1967, l’enlèvement des explosifs n’était pas encore une spécialisation reconnue. Après huit ans à la GRC, il a été transféré à la section des systèmes de sécurité de sa division en 1975, où la planification en cas d’alerte à la bombe faisait partie de ses responsabilités. Un an plus tard, il a été officiellement initié à l’enlèvement des explosifs lorsqu’un agent spécial, formé en neutralisation des explosifs et munitions, est arrivé des forces armées pour coordonner l’ensemble des activités du groupe d’enlèvement des explosifs. À l’époque, la responsabilité des interventions liées aux explosifs s’inscrivait parallèlement à la sécurité des édifices fédéraux et reposait presque entièrement sur l’expertise militaire.
En 1978, Lev a suivi un cours de six semaines sur les explosifs à la BFC Borden, offert entièrement par des instructeurs militaires. « C’était un cours très intense qui mettait à l’épreuve l’esprit et le corps, raconte-t-il. Les instructeurs nous ont enseigné les dangers associés aux différents types d’explosifs, y compris les dispositifs explosifs improvisés. »

Au fil de ses années au sein du GEE, Lev est devenu coordonnateur du GEE pour toutes les visites de personnes de marque et les grands événements au Nouveau-Brunswick, a travaillé en étroite collaboration avec le groupe tactique d’intervention d’urgence de la GRC sur des dossiers impliquant des explosifs, et a dirigé l’élimination sécuritaire d’explosifs abandonnés, de munitions, de produits chimiques et de dispositifs explosifs improvisés placés à des fins criminelles.
Avec le recul, il constate à quel point cette réalité professionnelle lui semble aujourd’hui lointaine. Il n’y avait pas de robots ni d’outils à distance. Les combinaisons de protection contre les explosions étaient lourdes et contraignantes. L’équipement était rudimentaire, et la proximité du danger était inévitable.
À cette époque, une grande partie du travail était axée sur la prévention plutôt que sur l’intervention. Les membres prenaient part à la planification des interventions en cas d’alerte à la bombe, évaluaient des édifices fédéraux et travaillaient en coulisses pour réduire les risques avant que des incidents ne surviennent. De nombreuses interventions ressemblaient à la scène décrite au début de cet article : des explosifs instables découverts lors de travaux de rénovation ou de défrichage.
Ce qui a émergé au cours de cette période n’était pas un groupe national unifié, mais une discipline élaborée progressivement, région par région, par des membres prêts à assumer un rôle sans feuille de route clairement définie.
L’histoire des GEE de la GRC se comprend mieux à travers les personnes qui en ont porté la responsabilité qu’au regard de l’équipement ou des organigrammes de l’époque. Ces personnes ont porté cette responsabilité dans l’ombre, souvent sans reconnaissance, en sachant qu’aucune marge d’erreur n’était permise.

L’école des explosifs a changé notre façon de voir les choses
Au début des années 1980, la formation en explosifs a été transférée au Collège canadien de police (CCP), marquant un tournant : la GRC définissait désormais l’élimination des explosifs comme une discipline policière façonnée par les réalités opérationnelles.
C’est dans cet environnement en évolution que le gendarme spécial Yves Pelletier est entré en scène.
Yves espérait depuis longtemps se joindre à la GRC, mais sa candidature avait été refusée à l’adolescence. Déterminé à servir, il s’est enrôlé dans l’armée à seulement 16 ans, en 1963. Au début de sa carrière, il a vécu des moments charnières de l’histoire, y compris un déploiement en Égypte pendant la guerre des Six Jours en 1967, quelques jours seulement avant le déclenchement des hostilités. Il se souvient même d’avoir conduit sous des tirs de mitrailleuse pour récupérer des documents essentiels pour les Nations Unies.

Le Centre canadien de données sur les bombes (CCDB) de la GRC a été établi à Ottawa à la fin des années 1960 et au début des années 1970 afin de recueillir des données, d’offrir de la formation et d’échanger des renseignements à l’échelle internationale sur les explosifs illégaux et les enquêtes post-explosion. Son rôle est devenu encore plus crucial en 1985, lorsque des agents de l’Armée révolutionnaire arménienne ont attaqué l’ambassade de la Turquie à Ottawa (en anglais seulement), tuant un agent de sécurité et utilisant une bombe artisanale pour forcer l’accès au bâtiment. Par la suite, et pour prévenir d’autres tragédies, le CCDB a créé 26 postes de gendarmes spéciaux, recrutés parmi d’anciens membres et des membres en service des Forces armées ainsi que de divers services de police.s of the military and various police services.

YYves figurait parmi les personnes sélectionnées, hautement qualifié grâce à sa carrière d’officier technicien des munitions formé au Royaume-Uni et à son diplôme en ingénierie des explosifs. Assermenté au sein de la Gendarmerie royale du Canada, il est également devenu instructeur invité au Collège canadien de police, où il donnait des cours sur les mines piégées et la reconnaissance des explosifs.
Son travail s’est étendu à l’échelle internationale. Il s’est rendu quatre fois en Europe pour échanger ou obtenir des explosifs de ses homologues britanniques, israéliens, français et suisses. Il s’est même procuré directement à l’usine de Semtín, en Tchécoslovaquie, du SEMTEX A (utilisé en construction et en exploitation minière) et du SEMTEX H (utilisé à des fins militaires), sur ordre de l’inspecteur de l’Unité de formation canine. Yves a distribué les échantillons de SEMTEX et formé des maîtres-chiens partout au pays, ce qui a permis aux unités canines d’identifier et de manipuler ces substances en toute sécurité.
En 1987, Yves jouait un rôle central dans le renforcement des capacités du CCDB, en vérifiant tous les bulletins publiés à l’échelle nationale, en formant de nouveaux techniciens et en recréant des dispositifs explosifs improvisés à des fins pédagogiques. Il recueillait également des renseignements partout dans le monde afin de permettre aux techniciens canadiens de garder une longueur d’avance sur les menaces émergentes. Il a également appuyé des opérations de grande envergure, y compris des visites de la reine Elizabeth II et du prince Philip, en inspectant méticuleusement les lieux à la recherche d’explosifs.
L’école des explosifs était située dans un bâtiment sans prétention appartenant auparavant à une fanfare sur le campus du Collège canadien de police, mais cette expérience a laissé une empreinte durable.
« L’école des explosifs a changé notre façon de voir les choses », relate-t-il. La formation ne se limitait pas à l’acquisition de compétences techniques; elle transformait la façon dont les membres abordaient le risque, la patience et la prise de décision. Les objets du quotidien, les environnements ordinaires – plus rien ne semblait anodin.

Malgré l’intensité de cette formation, Yves se souvient de la camaraderie qui régnait. Les repas partagés ensemble, les plaisanteries discrètes et l’humour noir propre aux professions à haut risque les aidaient à tenir le coup.
« On travaillait dur, se rappelle-t-il en riant, mais on savait aussi garder une certaine légèreté. Les techniciens en explosifs ont un certain sens de l’humour… c’est ce qui leur permet de supporter la pression. »

Cette plaque en étain a été conçue par E. Kew de Borden, en Ontario, et représente la mascotte officiellement enregistrée de tous les techniciens en neutralisation des explosifs de la police et des forces militaires canadiennes, protégée par droit d’auteur depuis 1982. Chaque plaque était numérotée individuellement et consignée par le Centre canadien de données sur les explosifs. La mascotte s’inspire de Guy Fawkes, dont le « complot des poudres » de 1605 en a fait l’un des premiers criminels connus à avoir utilisé des explosifs dans l’histoire.
Des salles de formation aux pistes d’aéroport et aux sites hautement sécurisés, la carrière d’Yves a confirmé une vérité fondamentale : l’enlèvement des explosifs s’inscrit toujours dans un contexte plus large. Il se situe à l’intersection de la sécurité aérienne, de la police de protection, des grands événements et de la confiance du public. Ce que la GRC était en train de bâtir, ce n’était pas seulement une capacité technique, mais une culture ancrée dans la discipline, l’adaptabilité et la confiance.bility, and trust.
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Ce qui a commencé comme un travail rapproché et dangereux avec des outils limités s’est progressivement transformé en une discipline spécialisée définie par la patience, le jugement et la confiance.
Dans le deuxième article de cette série de trois, nous suivons cette évolution à travers des décennies de changements technologiques – et à travers la carrière d’un technicien en explosifs guidé par un principe unique et inébranlable : tout le monde rentre à la maison.
Les gardiens des Jeux : comment la GRC a veillé à la sécurité des Jeux olympiques
Lorsque les Canadiens se sont réunis pour encourager les athlètes en quête de médailles d’or aux Jeux olympiques d’hiver de 2010 à Vancouver, le monde entier a pu admirer l’excellence sur la glace et la neige. Ce que la plupart des gens n’ont pas vu, c’est l’immense travail de planification et l’expertise déployés en coulisses pour veiller à la sécurité des Jeux, un travail qui a exigé le dévouement, la capacité d’adaptation et un travail d’équipe sans faille de la part des membres de la GRC et de ses partenaires à travers le pays.
Depuis les premières étapes de planification en 2003 jusqu’à la cérémonie de clôture en 2010, veiller à la sécurité des Jeux olympiques s’est avéré un engagement de plusieurs années. Il a fallu anticiper les risques, coordonner les efforts entre les différentes juridictions et se préparer à tous les scénarios possibles bien avant que la flamme olympique ne soit allumée.
La planification préliminaire consistait à cartographier toutes les juridictions concernées par les Jeux, des rues de Vancouver et de la patinoire de vitesse de Richmond à Cypress Mountain, en passant par les sites et le village alpins de Whistler, ainsi que tous les endroits intermédiaires, y compris l’autoroute Sea-to-Sky. Parallèlement, la GRC se concentrait sur la mise en place de partenariats solides avec les forces de l’ordre, les services d’urgence et les organismes gouvernementaux à l’échelle nationale.
La GRC était la principale agence responsable de la mise sur pied du Groupe intégré de la sécurité de Vancouver 2010 (GIS V2010). Cette collaboration sans précédent a réuni des policiers, des militaires, des intervenants d’urgence et des partenaires fédéraux, provinciaux et municipaux afin de créer un cadre de sécurité unifié qui protégeait à la fois les meilleurs athlètes d’hiver du monde et les millions de fans venus les encourager.
Cette planification s’est traduite par une réalité opérationnelle complexe. Avec 10 sites principaux allant de grandes arènes à des pentes montagneuses isolées, et plus de 2 600 athlètes en compétition tout au long des Jeux, les opérations de sécurité étaient complexes, variées et en constante évolution.
Le président-directeur général de la FPN, Brian Sauvé, a vécu cette réalité au premier plan. À l’époque, il était caporal au sein de la GRC et avait été déployé pendant les Jeux de 2010.
« Même si la plupart des gens perçoivent les Jeux olympiques comme une célébration du sport et de la communauté, il y a toujours ceux qui voient un événement mondial comme celui-ci comme un environnement facile à cibler, a expliqué M. Sauvé. Les enjeux sont donc élevés. En tant que membres de la GRC, nous nous préparons au pire, espérons le meilleur et mesurons le succès dans les petites victoires qui assurent la sécurité des gens au quotidien. »
Les chiffres parlent d’eux-mêmes :
- Plus de 90 000 vols liés aux Jeux ont été enregistrés à Vancouver.
- La GRC a veillé à la protection d’environ 30 chefs d’État et dignitaires.
- Les membres de la GRC et du GIS V2010 ont procédé à la vérification des antécédents de plus de 204 000 candidats, s’assurant ainsi que tous les bénévoles et membres du personnel étaient aptes à participer aux Jeux.
- Vingt-trois navires ont patrouillé les eaux autour des sites olympiques 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
- Plus de 700 représentants de la police de 39 pays ont visité Vancouver pendant les Jeux pour découvrir comment la GRC avait planifié et exécuté les opérations de sécurité.
Pourtant, une grande partie du travail nécessaire au bon déroulement des Jeux reste invisible pour le public. Des chiens policiers et leurs maîtres patrouillaient discrètement les sites. Des militaires se tenaient prêts dans les forêts environnantes. Des équipes médicales d’urgence se tenaient en alerte. Des opérations de déminage étaient menées sans tambour ni trompette. C’était un dévouement discret et constant, qui permettait aux athlètes et aux fans de se concentrer sur le frisson de la compétition, tandis que les meilleurs éléments du Canada veillaient à leur sécurité.
Sur le terrain, des membres de la GRC comme Brian ont été déployés sur les sites, y compris dans de petits villages de montagne et des sites éloignés, pendant une période pouvant aller jusqu’à 40 jours, alors que les Jeux eux-mêmes ne duraient que 12 jours. Des compétences spécialisées, notamment des aptitudes avancées en ski, une connaissance approfondie du terrain et une bonne connaissance des communautés locales, ont contribué à la sélection des membres pour ces rôles.

La mission de Brian pendant les Jeux olympiques de Vancouver en 2010 était particulièrement unique. Grâce à son expérience de skieur de compétition, il a été affecté à la patrouille de ski en uniforme, alliant ainsi ses responsabilités opérationnelles à des expériences extraordinaires.
Ses fonctions ne se limitaient pas aux patrouilles de routine et au maintien de l’ordre. Brian escortait les athlètes olympiques et leurs entraîneurs jusqu’aux pistes, les aidait à atteindre le sommet et skiait même à leurs côtés, ne serait-ce que pendant quelques secondes palpitantes, tout en portant son uniforme complet de la GRC.
« C’était surréaliste », se souvient Brian. « À un moment donné, j’étais dans le télésiège avec une athlète comme Lindsay Vonn ou Erik Guay, les aidant à préparer leurs descentes en toute sécurité. L’instant d’après, je profitais du village en soirée, entouré de fans venus du monde entier, entendant toutes les langues imaginables. »
Avec le recul, Brian souligne que la collaboration, la préparation et la capacité d’adaptation ont été essentielles à la réussite. Les leçons tirées en 2010 continuent de façonner le maintien de l’ordre lors des grands événements d’aujourd’hui, désormais amélioré par les drones, la surveillance des réseaux sociaux, les caméras corporelles et les outils de renseignement modernes.
Loin des montagnes, les Jeux ont également été une expression électrisante de la fierté et de la solidarité canadiennes.
« Nous avons remporté beaucoup de médailles, et parfois, on pouvait voir plusieurs Canadiens participer à des cérémonies de remise de médailles au cours d’une même journée », raconte Brian. « Des milliers de personnes se rassemblaient pour applaudir et célébrer. Il y avait un véritable sentiment de solidarité. Il ne s’agissait pas seulement de sport, mais aussi de faire partie de quelque chose de plus grand que soi. »
Seize ans plus tard, l’enthousiasme de Brian pour son expérience en tant que policier lors des Jeux de 2010 résonne encore alors qu’il se prépare à encourager l’équipe canadienne aux Jeux de 2026 en Italie. « J’ai hâte de voir les athlètes repousser leurs limites, bien sûr, mais aussi de découvrir les histoires humaines, ces moments qui rassemblent tout le monde », dit-il. Pour Brian, les Jeux sont un rappel puissant que derrière chaque médaille se cache une histoire de préparation assidue et de travail d’équipe à toute épreuve.
Le parallèle entre les membres de la GRC et les athlètes professionnels est incontestable. Tout comme les athlètes s’entraînent pour un moment décisif, les membres de la GRC se préparent sans relâche afin que, lorsque cela compte le plus, le monde puisse se réunir en toute sécurité. Alors que le Canada se prépare à accueillir un autre événement sportif de classe mondiale avec la Coupe du monde de la FIFA 2026, les leçons apprises en 2010 — et les compétences affinées depuis — seront à nouveau démontrées, tant devant les caméras qu’en coulisses.
D’Anne la patineuse à Anne la sergente d’état-major : l’influence du hockey sur la carrière de cette femme influente au sein de la GRC
Pour de nombreux Canadiens, le hockey est plus qu’un sport. C’est un esprit commun de dévouement, de sacrifice et de travail d’équipe. Pendant les Jeux olympiques d’hiver (qui se déroulent actuellement au moment de la publication du présent document,), ce lien ne fait que se renforcer lorsque nous regardons les athlètes représenter le Canada sur la scène mondiale après des années de préparation qui passent souvent inaperçues.
Anne Alary, sergente d’état-major de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), comprend bien cet engagement constant.
Avant d’être sous-officière responsable du groupe de l’enlèvement des explosifs de la Direction générale et du Centre des politiques à Ottawa, Anne était une joueuse de hockey de haut niveau qui évoluait avec les Raiders d’Ottawa dans la Ligue professionnelle de hockey féminin.

Une photo de l’équipe des Riders d’Ottawa en 2002. Anne est visible au troisième rang, cinquième à partir de la gauche.
Aujourd’hui, elle occupe également le poste d’entraîneuse-chef de l’organisation de hockey féminin des East Ottawa Stars dans la catégorie M18 de calibre AA(ouvre dans un nouvel onglet) et a récemment été nommée nouvelle entraîneuse adjointe de l’équipe des Wildcats de Nepean dans la catégorie M22 élite de calibre AA(ouvre dans un nouvel onglet). Elle forme ainsi la prochaine génération d’athlètes tout en dirigeant en coulisses l’un des environnements les plus spécialisés et les plus axés sur la préparation de la GRC.
Même si le contexte peut varier, l’état d’esprit, les compétences et le dévouement nécessaires chez un athlète professionnel et chez un policier se ressemblent étonnamment.

Anne (au centre) entre les entraîneurs adjoints des Stars de l’Est d’Ottawa U18AA.
Un parcours forgé sur la glace
L’intérêt d’Anne pour le sport remonte à son enfance. C’est dans une famille férue de sport qu’elle a grandi. Elle était toujours active, jouant dehors, s’adonnant au patinage sur des patinoires extérieures, enfourchant son vélo et pratiquant toutes sortes de sports, du basket-ball à la ringuette. Toutefois, le hockey a toujours occupé une place prépondérante.
« Le fait de concourir à un niveau d’élite m’a enseigné le sens de la discipline, de la concentration et de la résilience, confie-t-elle. Non seulement on attend de soi de réaliser de bonnes performances, mais on doit également assumer la responsabilité d’être une coéquipière fiable. »
Jouer contre les meilleurs et aux côtés de ces derniers était également synonyme de pression constante : rivaliser pour obtenir du temps de glace, gérer les blessures, composer avec la dynamique de l’équipe et surmonter l’adversité. Ces expériences ont façonné non seulement l’athlète qu’Anne est devenue, mais aussi la haute gradée des services de police qu’elle est aujourd’hui.

Anne n’est pas étrangère aux situations très stressantes. Sur cette photo, elle participe à une formation basée sur des scénarios lors de l’exercice annuel de London, en Ontario, où des unités d’intervention d’urgence de toute la province se réunissent pour tester leurs compétences à travers une série de scénarios difficiles.
« Garder son sang-froid dans des situations très tendues permet de réfléchir avec lucidité et de prendre des décisions fondées sur l’expérience », explique-t-elle. Cette leçon se transpose parfaitement de la patinoire aux services de police.
La confiance, la responsabilité et la culture d’équipe
La confiance réside au cœur du hockey et des services de police.
Pour Anne, comprendre la responsabilité qui découle de l’établissement d’une relation de confiance n’est pas seulement une question personnelle.
« Lorsqu’une personne ne fait pas preuve de responsabilité, c’est tout le groupe qui en subit les conséquences, explique-t-elle. Une confiance mutuelle doit s’établir afin que chaque membre du groupe sache que tout le monde travaille en vue d’atteindre un objectif commun et sera là pour s’entraider. »
En tant qu’entraîneuse, Anne accorde la priorité à la culture avant tout. Il est fondamental d’établir des attentes claires, de fixer des normes élevées et de favoriser la responsabilité tout en veillant à ce que les athlètes se sentent en sécurité dans leur apprentissage et leurs échecs.

L’entraîneuse Anne (à droite) pose pour une photo avec l’un de ses athlètes talentueux et primés.
« Lorsque les gens évoluent dans des conditions favorables, sans crainte, ils s’épanouissent », affirme-t-elle.
C’est une approche à laquelle elle adhère dans l’exercice de ses fonctions de direction au sein de la GRC, où le mentorat, la croissance et la communication ouverte sont tout aussi importants que les compétences techniques.
Les fonctions sont exercées bien avant la mise au jeu
Le poste qu’occupe actuellement Anne au sein de la GRC l’amène à travailler principalement dans les coulisses, mais son apport est d’envergure nationale.
Elle a servi en première ligne d’un bout à l’autre du Canada, des services de police en milieu rural de la Saskatchewan et auprès des communautés autochtones à Pelican Narrows, jusqu’à la Colline du Parlement, en passant par le Carrousel de la GRC et diverses opérations spécialisées. Elle apporte ainsi une profonde compréhension opérationnelle à son travail au sein du groupe de l’enlèvement des explosifs de la Direction générale et du Centre des politiques.

Anne (au centre), sa collègue démineuse, le sergent Maryse Laurin (à droite), et l’un des robots de l’EDU rendent visite à un enfant (à gauche) à l’Hôpital Sainte-Justine de Montréal.
« Notre rôle consiste à comprendre les besoins des équipes du groupe de l’enlèvement des explosifs partout au pays et à veiller à ce qu’elles disposent de l’équipement, adoptent des politiques et établissent des procédures leur permettant d’accomplir leur travail de façon sécuritaire et efficace », explique-t-elle.
La comparaison avec le sport est évidente : le succès le jour du match dépend des habitudes acquises bien avant la mise au jeu.
« Tout repose sur la prise d’habitudes, ajoute Anne. Ce que vous pratiquez tous les jours se transpose directement lorsque cela compte le plus. »
Pour les membres du groupe de l’enlèvement des explosifs, la cohérence en ce qui concerne la formation dans un vaste éventail de compétences spécialisées leur permet d’être toujours prêts à intervenir, que ce soit lors d’un événement d’envergure international ou d’un appel de service imprévu.
Le voile sur les activités qui se déroulent : ce que la population ignore
Lorsque les Canadiens regardent les Jeux olympiques ou paralympiques, ils sont témoins de moments qui sont l’aboutissement d’années de préparation. Il en va de même pour les services de police lors de grands événements.
« La population ne voit pas toujours le travail discret des experts en coulisses, indique Anne. Toutefois, les membres de la GRC conservent leurs compétences à longueur d’année afin d’être prêts à intervenir en cas de situation critique. »
Cette préparation, à la fois préventive, précise et souvent invisible, permet le déroulement sécuritaire et sans heurts de grands événements, qu’il s’agisse des Jeux olympiques, des championnats de la FIFA ou des célébrations nationales.
Vous vous demandez comment les membres de la GRC appuient les grands événements en coulisses? Découvrez le récit de Brian Sauvé, président et chef de la direction de la Fédération de la police nationale, au sujet de la prestation des services de police pendant les Jeux olympiques d’hiver de 2010 à Whistler, en Colombie-Britannique.
La fierté nationale et les valeurs communes
Alors que le Canada participe aux Jeux olympiques d’hiver de 2026 à Milan Cortina, Anne perçoit un lien étroit entre les athlètes et les membres de la GRC : le dévouement, le travail d’équipe et le service ne peuvent pas exister dans l’isolement.
« Au sein d’une équipe, l’un ne va pas sans l’autre », dit-elle.
Elle suit les Jeux de près (en particulier le hockey) et encourage l’équipe canadienne aux côtés de millions d’autres personnes.
« Les années des Jeux olympiques sont les meilleures, ajoute-t-elle. Tant d’athlètes doivent composer avec l’entraînement, le travail, la famille et la vie au quotidien, tout en représentant notre pays avec fierté. Leur dévouement est remarquable. »
Que ce soit sur la glace ou au volant d’une voiture de police, l’engagement envers l’excellence semble tout à fait identique.
À l’instar des meilleures équipes, cet engagement se forge bien avant que les projeteurs ne soient braqués sur eux.
Allez, Canada!
Au-delà de l’insigne – L’engagement de la gendarme Khanh Tran à redonner à la communauté

Les membres de la GRC sont fiers de servir leurs communautés partout au Canada. Mais ils sont bien plus que vos agents de police locaux : ce sont vos voisins, vos amis, vos entraîneurs sportifs et vos bénévoles. De nombreux membres s’investissent bien au-delà de leur journée de travail normale pour aider à faire de leurs communautés des lieux sécuritaires et dynamiques.
À l’approche des fêtes de fin d’année, nous nous rappelons le pouvoir de la compassion, de la communauté et du simple geste de générosité qui se manifeste partout au Canada. Des actions comme le dévouement et la gentillesse remarquables de la gendarme Khanh Tran, membre de la GRC de Burnaby, en Colombie-Britannique, dont l’engagement va bien au-delà de ses fonctions policières.

Le parcours vers une carrière policière
Le parcours de la gendarme Tran a commencé bien avant qu’elle ne revête l’emblématique tunique rouge de la GRC. Ayant grandi dans une famille de militaires marquée par le service de son père au Vietnam et le courageux périple de ses parents vers le Canada, elle a très tôt appris ce que signifient le sacrifice, l’espoir et les nouveaux départs. Leur histoire a éveillé en elle le désir de servir le pays qui avait offert une chance à sa famille, afin de rendre la pareille dans le même esprit qui avait façonné son enfance.
Après avoir vu les membres de la GRC à Nanaimo lorsqu’elle était jeune fille et découvert la profondeur et la diversité des rôles policiers à travers le pays, elle a choisi la GRC avec admiration et détermination. Aujourd’hui, après huit ans de carrière, elle continue de servir en première ligne, là où réside sa passion. Qu’il s’agisse de répondre à des appels au 9-1-1, de naviguer dans les complexités changeantes d’une ville en pleine croissance ou de travailler côte à côte avec une équipe qu’elle décrit comme « solide, rapide et toujours prête à se soutenir mutuellement », elle aborde son travail avec reconnaissance et force.

Donner au-delà de son insigne
Mais c’est son travail au-delà de son insigne — son dévouement envers les communautés du Nord, en particulier celles du Nunavut — qui brille encore plus pendant cette période de générosité.
Grâce à des affectations de relève, la gendarme Tran a passé du temps dans le Nord canadien, où elle a pu constater par elle-même la chaleur, la simplicité et la résilience des communautés qu’elle a servies. La joie des enfants jouant au hockey à 2 heures du matin, la gentillesse des enfants qui la guidaient vers une adresse alors qu’elle apprenait encore à connaître les lieux de sa nouvelle ville — ces moments sont restés gravés dans sa mémoire. Ils lui ont rappelé sa propre enfance, où « moins de jouets et plus de produits de première nécessité » s’accompagnaient toujours de grands sourires..
Au Nunavut, elle a été témoin des difficultés d’accès aux articles essentiels et récréatifs, comme les jouets, et où les articles de tous les jours coûtent souvent jusqu’à trois fois plus cher. Ces observations ont suscité en elle une sincère détermination à aider.

La gendarme Tran contribue de manière significative à améliorer la vie des familles et des jeunes vivant dans les communautés isolées du Nord. Il y a quatre ans, l’agent Tran s’est impliquée dans le projet caritatif d’un collègue, ce qui l’a incitée à se lancer elle-même dans une initiative similaire. Au départ, elle a travaillé à la création d’environ 35 « trousses des fêtes » contenant des livres pour enfants, des fournitures scolaires, des friandises et des articles de première nécessité. Cette année, elle a encore intensifié ses efforts.
Elle a rallié ses collègues, invité d’autres membres et employés du détachement à faire don de jouets, coordonné le soutien de la communauté et même mis aux enchères des pièces commémoratives rares afin de recueillir des fonds. Son rêve ? Un jour, venir en aide à toutes les communautés du Nunavut. Chaque année, elle choisit une communauté différente en communiquant avec un membre qui se rend dans le Nord pour apporter des secours et en coordonnant ses efforts avec son détachement afin que le projet puisse être présenté en personne au commandant du détachement. Au fil des ans, elle a couvert Hall Beach en 2021, Pond Inlet en 2022, Naujaat en 2023-2024 et, cette année, tous les colis ont été envoyés à Kugaaruk, au Nunavut, pour venir en aide aux enfants de la maternelle à la 4e année. Une communauté à la fois, elle continue de progresser régulièrement vers son objectif. Cette année seulement, cela s’est traduit par la livraison de plus de 135 trousses aux enfants et aux familles du Nord.

Le service avant soi-même : une vocation, pas seulement une carrière
Ses conseils à ceux qui souhaitent rejoindre la GRC, en particulier ceux qui rêvent de servir dans le Nord, sont inspirés de son expérience : soyez prêts à travailler dur, faites preuve de compassion, restez positifs et sachez qu’il y a une place pour vous ici. Elle croit fermement qu’il faut briser les barrières et être la porte-parole qu’elle n’avait pas connue auparavant.

Alors que nous profitons de la chaleur des fêtes, nous rendons hommage à la gendarme Tran et aux centaines d’autres membres qui soutiennent leurs propres communautés, non seulement pour leur service, mais aussi pour leur générosité. Son initiative nous rappelle que donner en retour ne doit pas nécessairement être grandiose, mais simplement sincère. Et lorsqu’une personne montre l’exemple avec détermination, les autres suivent.
Quand chaque seconde compte : comment les membres de la GRC utilisent les alertes AMBER pour sauver des vies
La disparition d’un enfant est le pire cauchemar de toute famille.
Chaque année, environ 45 000 enfants sont portés disparus au Canada, selon missingkids.ca. Cela signifie qu’un enfant disparaît toutes les 11 minutes. Bien que de nombreux cas soient rapidement résolus, certains deviennent des dossiers policiers de personnes disparues à long terme.
Pour les membres de la GRC, résoudre ces cas ne se résume pas à des questions de preuves et de procédures : il s’agit de sauver de jeunes vies et d’accompagner les familles dans des moments extrêmement difficiles.
Pour aider à retrouver les personnes disparues, y compris les enfants, les membres ont accès à de nombreux outils, dont le plus connu est sans doute l’alerte AMBER.
En tant que service de police national du Canada comptant environ 20 000 agents qui protègent les communautés de l’île de Vancouver au Labrador, et du sud des Prairies à l’Arctique, nos membres connaissent bien cet outil, son importance et la meilleure façon de l’utiliser.
Qu’est-ce qu’une alerte AMBER ?
Créées en 1996, les alertes AMBER ont été nommées en l’honneur d’Amber Hagerman, une fillette de 9 ans qui a été kidnappée à Arlington, au Texas, et tragiquement assassinée. Cet événement horrible a mis en évidence la nécessité de disposer d’un moyen d’alerter la communauté et de mobiliser les milliers de paires d’yeux pour aider les policiers à rechercher un enfant disparu.
Ce qui a commencé comme un partenariat volontaire entre la police et les diffuseurs au Texas s’est étendu à l’échelle internationale une fois son efficacité prouvée et peut désormais sauver des vies.

Les membres de la GRC travaillent en étroite collaboration avec les familles pendant les moments critiques, leur offrant leur soutien, recueillant des informations et agissant rapidement pour aider à ramener les enfants disparus à la maison.
En 2009, toutes les provinces et tous les territoires canadiens avaient mis en place un système d’alerte AMBER. Depuis son introduction, des centaines d’enfants ont été retrouvés sains et saufs grâce à la réaction rapide de citoyens vigilants qui ont collaboré efficacement avec la police.
Étude de cas : Alerte AMBER de plusieurs jours à Surrey
En juillet 2023, les membres de la GRC de Surrey ont mené ce qui est devenu la plus longue alerte AMBER de l’histoire de la Colombie-Britannique, qui a duré dix jours. Cette situation concernait deux enfants qui auraient été enlevés par leur mère, qui n’avait pas ramené les enfants à leur père après des vacances au début du mois. Finalement, grâce à l’utilisation d’outils d’enquête et à une alerte AMBER, les membres ont pu localiser les enfants en toute sécurité en Alberta, et ceux-ci sont rentrés chez eux sains et saufs.
« L’unité des crimes graves de la GRC de Surrey a travaillé sans relâche pour localiser et ramener les deux enfants sains et saufs à la maison », explique la sergente Vanessa Munn, porte-parole principale de la GRC de Surrey pendant l’alerte AMBER.
« Même après que les enfants aient été retrouvés sains et saufs et réunis avec leur famille, le travail s’est poursuivi afin de traduire les responsables en justice. »
Cette affaire a mis en évidence à la fois les défis et les atouts du système : gérer les fausses informations sur les réseaux sociaux, donner suite à des centaines d’informations fournies par le public et maintenir l’engagement de la communauté pendant plusieurs jours.
La pression derrière une alerte
Bien qu’il s’agisse d’un outil bien connu, les alertes AMBER font l’objet de nombreuses idées fausses. Certains pensent qu’elles ne sont déclenchées qu’en cas de litige concernant la garde d’un enfant. D’autres se demandent pourquoi aucune alerte n’est émise pour un jeune disparu qui n’a pas été enlevé.
En réalité, les membres de la GRC – et toutes les forces de police – suivent un ensemble de critères stricts afin de s’assurer que ces alertes ne sont utilisées que lorsqu’elles peuvent vraiment faire la différence.
Quels sont les critères à remplir pour déclencher une alerte AMBER?
« Le public est souvent critique lorsque la police déclenche une alerte AMBER, en particulier dans les cas d’enlèvements parentaux. Mais l’essentiel est qu’il doit y avoir des raisons de croire que l’enfant est en danger imminent », explique le sergent Munn. « Il ne s’agit pas de litiges relatifs à la garde, mais de la sécurité d’un enfant. »
Les critères spécifiques pour le déclenchement d’une alerte AMBER peuvent varier d’une région à l’autre au Canada.
Les critères de base sont les suivants :
- L’enfant est âgé de moins de 18 ans.
- La police a des motifs raisonnables de croire que l’enfant a été enlevé.
- Il y a des raisons de croire que l’enfant est en danger grave.
- La police dispose d’informations descriptives sur l’enfant, le suspect ou le véhicule.
- Il y a lieu de croire raisonnablement que le déclenchement de l’alerte aidera à localiser l’enfant ou à appréhender l’auteur de l’enlèvement.
Bien que le temps nécessaire pour confirmer l’enlèvement, évaluer le danger et recueillir des descriptions puisse varier, une fois que tous les critères sont remplis, les membres de la GRC peuvent émettre une alerte AMBER en quelques minutes.
Il est extrêmement important de noter que, bien que l’alerte AMBER soit un outil important pour les membres de la GRC dans leur course contre la montre, cet outil peut ne pas être approprié dans toutes les circonstances. Dans de nombreux cas, son efficacité dépend du fait qu’il ne soit utilisé que dans ces circonstances spécifiques.
Les alertes d’urgence : pas sans risque
Une fois qu’une alerte AMBER est activée, les membres peuvent être confrontés à des risques négatifs. Par exemple, dès qu’une alerte est émise, les membres sont submergés d’appels, d’informations et de questions des médias. Il existe également une menace croissante de désinformation en ligne, les citoyens enquêteurs et les commentateurs amateurs partageant leurs propres théories et informations sur un événement. Ces distractions peuvent sérieusement ralentir une enquête, et lorsque chaque seconde compte, ce retard peut être fatal.
Pourquoi le rôle du public est crucial
Le sergent Munn souligne que le public est un partenaire essentiel dans ces alertes. La meilleure chose que le public puisse faire pendant une alerte AMBER est de :
- Rester vigilant : noter tous les détails de l’alerte – l’enfant, le suspect et le véhicule.
- Être attentif : observer les plaques d’immatriculation, les vêtements, la direction prise ou toute activité inhabituelle.
- Signaler immédiatement : appeler le 911 ou le numéro indiqué dans l’alerte en fournissant des informations précises et détaillées.
- Éviter les spéculations en ligne : les fausses informations peuvent nuire aux enquêtes.
- Laisser la police gérer les mises à jour publiques : ne partager que des informations vérifiées.
- Restez vigilant : même plusieurs heures après l’alerte, votre vigilance peut faire la différence.
- Respectez l’urgence : les alertes AMBER sont des outils qui sauvent des vies – n’encombrez pas les lignes d’urgence avec des plaintes.

Même si les enquêtes sont difficiles et soumises à une forte pression, la récompense de réunir les familles en vaut toujours la peine pour les membres de la GRC.
Les alertes AMBER nous rappellent que la protection des enfants n’est pas seulement la responsabilité des forces de l’ordre : lorsqu’il s’agit d’une course contre la montre, un effort collectif est nécessaire. En restant alerte, vigilant et en partageant des informations avec la police, vous pouvez devenir un héros pour une famille.
Vous souhaitez en savoir plus sur la manière dont les alertes AMBER peuvent faire la différence? Découvrez notre vidéo présentant des membres de la GRC réels résolvant une affaire fictive en cliquant sur le lien ici : Pourquoi nous servons : pour assurer la sécurité des familles (90 secondes)
Rencontre avec la sergente-chef Cara Streeter de la GRC : mener avec cœur dans le nord du Labrador – Partie I
À dix-neuf ans, la sergente-chef Cara Streeter connaissait déjà la GRC, mais l’idée de rejoindre elle-même ce service de police très respecté au Canada ne lui avait pas encore traversé l’esprit. Elle étudiait dans le but de devenir médecin, rêvant de faire de la maternité, et non de maintenir l’ordre dans les communautés isolées et escarpées du Labrador. Mais la vie, comme souvent, en avait décidé autrement, réveillant en elle une vocation dont elle ignorait encore l’existence.
À l’université, un ami proche travaillant dans les forces de l’ordre lui racontait souvent des expériences vécues sur le terrain, des histoires pleines d’humanité, d’imprévisibilité et de détermination. Ces moments ont éveillé en elle une curiosité qui s’est transformée en conviction.
« Je pourrais peut-être essayer », s’est-elle dit. Et cette petite étincelle a marqué le début d’un parcours remarquable, qui s’étend désormais sur près de vingt ans au sein de la GRC.
Enracinée dans les petites communautés
Originaire d’une petite ville de Colombie-Britannique appelée Clearwater, Cara a été très tôt influencée par les valeurs des petites communautés et un profond respect pour le service. Dans sa ville natale, les membres de la GRC ne représentaient pas une institution abstraite, mais faisaient partie intégrante de la communauté, et elle les voyait tous les jours.
Après avoir obtenu son diplôme à la Division Dépôt à l’âge de 20 ans, elle a choisi de partir vers l’est. Sa première affectation a été à Terre-Neuve-et-Labrador, dans la communauté de Corner Brook, puis à Happy Valley-Goose Bay et plus tard à Sheshatshiu, où elle s’est plongée dans le maintien de l’ordre auprès des populations autochtones et nordiques.
Elle a passé les années suivantes à acquérir de l’expérience à travers le pays, de la Nouvelle-Écosse à l’Alberta en passant par les Territoires du Nord-Ouest, avant de retourner au Labrador plus d’une décennie plus tard. À cette époque, elle avait travaillé dans les services d’enquête générale, les crimes majeurs (homicides) et la lutte contre le trafic de stupéfiants, et s’était fait connaître pour son dévouement envers les victimes de violence domestique et d’agression sexuelle.
Revenir à Happy Valley-Goose Bay lui a donné l’impression de rentrer chez elle. Bon nombre des amitiés qu’elle avait nouées des années auparavant étaient toujours là, et aujourd’hui, leurs enfants fréquentent la même école.

Maintenir l’ordre dans le Nord : courage, sagesse et adaptation
Le maintien de l’ordre au Labrador présente de nombreuses similitudes avec celui des régions nordiques du Canada, telles que les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut. Les distances couvertes par chaque détachement sont immenses, les conditions météorologiques peuvent être impitoyables et la logistique incessante. Les vols doivent souvent être annulés en raison des conditions météorologiques, et les communautés peuvent être coupées du monde pendant plusieurs jours.
« Vous voulez vous rendre sur place aujourd’hui, explique Cara, mais il se peut qu’il n’y ait pas de vols en raison du mauvais temps. »
Elle a appris à se préparer à toute éventualité et à faire entièrement confiance à ses équipes. « Si quelque chose se produit, je suis convaincue qu’ils peuvent faire face à tout ce qui se présente à eux », déclare-t-elle fièrement. Elle souligne que la communication est vitale pour les opérations dans le Nord.

Une belle journée sur le bateau de l’adjoint aux services du détachement
Connexion par la créativité
L’une des expériences les plus marquantes de Cara ne concerne pas l’application de la loi, mais plutôt l’artisanat. Alors qu’elle était en poste à Paulatuk (Territoires du Nord-Ouest), elle a reçu une subvention de 15 000 dollars du Family Initiative Fund pour soutenir la prévention de la violence domestique. Plutôt que d’acheter du matériel tout prêt, elle a décidé de rassembler les gens autour d’un savoir-faire traditionnel : la confection de parkas et de mitaines.
« Avec l’argent reçu, j’ai acheté tout le matériel et trouvé des machines à coudre », se souvient-elle. « Pendant cette période, les gens partageaient leurs histoires. Nous avons créé un lien spécial. Ils me considéraient comme faisant partie de la communauté. »
Ces ateliers sont devenus un modèle de guérison et de connexion communautaires. La dernière parka qu’elle a confectionnée a été offerte à un jeune garçon, cousue à la main avec soin. Un collègue a fabriqué une parka pour son jeune enfant, un geste modeste mais symbolique de chaleur et de continuité.
Une leader à l’écoute
En tant que leader, Cara est reconnue pour son empathie et son inclusivité. Elle admet qu’au début de sa carrière, elle se sentait parfois isolée « car il n’y a pas beaucoup de femmes dans la GRC », mais au lieu de se laisser décourager, elle en a fait sa motivation. Aujourd’hui, elle défend l’autonomisation des femmes, des hommes et de leurs alliés.
Sa philosophie est simple : ne remettez pas vos décisions en question, agissez. Elle encourage les autres à franchir le pas, à poser leur candidature pour une promotion même s’ils ne se sentent pas prêts, à croire que le courage mène à l’épanouissement. « Vous ne saurez jamais si vous n’essayez pas, dit-elle. Faites le pas. N’ayez pas peur du changement. »
Au-delà de l’uniforme
En dehors de ses fonctions au sein de la GRC, Cara prend le temps de s’amuser. Elle pratique des sports locaux – baseball, soccer et hockey – et dirige même une entreprise de torréfaction de café, née de son amour pour les relations humaines. « C’est ce qu’on peut apprendre autour d’une tasse de café », dit-elle en souriant.
Quand elle a besoin de se ressourcer, elle parcourt avec sa famille les routes isolées, généralement pour assister aux événements sportifs de ses enfants, où ceux-ci, dit-elle, « voient autre chose que leurs parents en train de faire leur travail de policiers ». Son mari, membre des Forces armées canadiennes qui prendra bientôt sa retraite, a partagé l’aventure des déménagements d’une province à l’autre, leur vie étant définie par l’adaptabilité et la détermination.
Se souvenir des personnes rencontrées au fil du temps
Avec le recul, Cara réfléchit à une vérité toute simple : le métier de policier peut vous amener à voyager à travers tout le pays, mais ce sont les relations que vous nouez qui perdurent. « Il est important de se souvenir des personnes rencontrées au fil du temps », dit-elle. « Prenez de leurs nouvelles. »
C’est un conseil qui reflète sa façon de diriger : avec discipline et compassion, en gardant toujours à l’esprit que le service ne se résume pas à des procédures et à des politiques. Il s’agit avant tout de personnes.

En apprentissage pour couper le caribou auprès d’un aîné
Un impact durable
En 2024, la sergente-chef Cara Streeter a été reconnue comme l’une des policières les plus méritantes de Terre-Neuve-et-Labrador pour son service, son leadership et sa contribution à des initiatives communautaires. Ceux qui la connaissent disent que cet honneur est bien mérité, mais elle serait la première à rendre hommage à son équipe, à ses mentors et aux communautés qui l’ont accueillie.
Près de vingt ans après avoir choisi une voie qu’elle n’aurait jamais imaginée, Cara est devenue le symbole de ce que peut être la police moderne dans le Nord canadien : compatissante, courageuse et orientée vers la communauté.
Son histoire nous rappelle que le leadership n’est pas seulement une question de grade, mais surtout une question de cœur.
Caporal Jeff Schirr : en quête de force, de sens et de liens grâce au sport
En pleine nuit, alors qu’il effectuait son quart de travail à The Pas, au Manitoba, le caporal Jeff Schirr est tombé sur un courriel qui allait changer le cours de sa vie. Ce courriel mentionnait les Jeux mondiaux des policiers et pompiers, une compétition internationale destinée aux premiers intervenants.
« Je ne connaissais pas grand-chose à ce sujet. Mais l’idée de se mesurer à des gens du monde entier, tous au service des autres, a réveillé quelque chose en moi. »

À l’époque, Jeff était au début de sa carrière, tout juste diplômé de Dépôt, et pesait environ 73 kg. Mais il avait déjà commencé à changer son mode de vie, s’entraînant dur et développant la force et l’endurance requises par le métier de policier et par le sport.

« Je ne me sentais pas particulièrement doué dans un sport en particulier, explique-t-il, mais j’étais plutôt bon dans tous les domaines. C’est alors que j’ai découvert l’événement Toughest Competitor Alive. Il comprenait huit épreuves : course à pied, natation, escalade, haltérophilie et sprint. J’ai eu l’impression que c’était fait pour quelqu’un comme moi. »
Jeff a commencé à s’entraîner pour les Jeux de 2021, qui devaient se dérouler aux Pays-Bas, mais la pandémie COVID-19 a retardé l’événement. Malgré cela, Jeff a continué à s’entraîner et, lorsque les Jeux ont repris en 2022, il était prêt. Il a remporté trois médailles d’or et s’est classé parmi les 10 premiers au semi-marathon. Cependant, quelque chose ne lui convenait pas.
« Je m’étais entraîné pendant des années, j’avais remporté l’or et je me tenais seul sur le podium. Je me suis senti seul… J’ai compris que je n’avais pas une raison suffisante. J’avais besoin de participer à une compétition pour quelque chose de plus important que moi. »

Ce changement de mentalité a tout changé. À l’approche des Jeux de 2023, Jeff a commencé à s’entraîner en pensant à sa famille, en particulier à sa grand-mère, qui a contribué à son éducation.
« Elle avait près de 90 ans, et je savais que le temps qu’il lui restait à passer parmi nous était compté. Je voulais qu’elle fasse partie de cet événement. »
Après avoir remporté la médaille d’argent au TCA, Jeff l’a retrouvée dans la foule et lui a passé la médaille autour du cou. « Son visage s’est illuminé. J’ai pleuré. Ce moment valait plus que toutes les médailles du monde. »
Depuis lors, Jeff a pris l’habitude de dédier ses médailles à sa famille, à ses coéquipiers et à ses mentors. « J’ai déjà remis plus de dix médailles. Il s’agit de partager ce moment, de transmettre cette fierté à quelqu’un d’autre. Cela reste gravé dans leur mémoire. »
En 2015, Jeff a également réalisé un autre objectif important : il a obtenu une place dans le Groupe tactique d’intervention (GTI) de la GRC. « Faire partie du GTI était un objectif important pour moi. J’ai travaillé pendant des années pour y parvenir, et cela a influencé ma façon de m’entraîner, non seulement pour les Jeux, mais aussi pour mon travail. »
Cette année, lors des Jeux mondiaux des policiers et pompiers 2025 à Birmingham, Jeff a réussi à atteindre de nouveaux sommets. Après avoir formé une équipe entièrement composée de membres du GTI pour participer à l’épreuve par équipe, ils ont remporté la médaille d’or.

« C’était la première fois que le Canada remportait l’or dans cette épreuve, et la première fois qu’une équipe entièrement composée de membres du GTI y parvenait. La compétition ne nous concernait pas seulement nous-mêmes, nous représentions l’ensemble du programme GTI. Voir la fierté dans les yeux de mes coéquipiers et savoir que leurs familles nous regardaient a rendu ce moment inoubliable. »
Non seulement l’équipe TCA a remporté la victoire en 2025, mais Jeff a également obtenu le meilleur score mondial. Au lieu de présenter le drapeau canadien sur le podium, il a brandi la bannière du Programme national de réintégration, une initiative de la GRC menée par des pairs qui soutient les membres qui reprennent le travail après une absence ou un événement critique, une cause qui lui tient à cœur.
« Je voulais représenter une cause qui compte pour les membres de la GRC. Cette bannière a suscité des conversations avec des athlètes de différents pays. Cela m’a donné l’occasion de parler de l’importance de la santé mentale et du rétablissement dans le domaine policier. »

Pour Jeff, les Jeux mondiaux des policiers et pompiers représentent désormais plus qu’une simple compétition. Cette compétition est l’occasion de tester ses limites, de représenter fièrement la GRC et le Canada, de célébrer avec ses proches et de nouer des relations durables avec d’autres athlètes et agents du monde entier.

« J’ai rencontré tellement de personnes incroyables, notamment des collègues membres de la GRC et des athlètes venus de partout. Les Jeux m’ont donné une plateforme pour créer des liens, servir et partager des expériences enrichissantes. »
Son histoire nous rappelle que les victoires les plus importantes ne se mesurent pas en médailles, mais en fonction des personnes avec lesquelles nous les partageons et de leur raison d’être.

Les stratèges de salon et les commentaires maladroits des médias sur la police au Canada
Nous avons vu ce phénomène à maintes reprises : « l’expert » de salon qui donne son avis même s’il a peu d’expérience du terrain.
Il y avait auparavant un dicton qui guidait la société civile canadienne : avant de porter un jugement sur une personne, essayez de vous mettre à sa place. C’est logique. Après tout, comment une personne peut-elle vraiment comprendre les circonstances ou les raisons d’un événement si elle ne l’a pas vécu ?
Cette marque de courtoisie de base est rarement accordée à la police au Canada, et de nouvelles recherches montrent à quel point la situation est devenue préoccupante.
Des commentaires injustement négatifs des médias et des commentateurs
Une nouvelle étude nationale réalisée par le Laboratoire sur les systèmes de stress et de traumatismes psychologiques (SSTP) a révélé pour la première fois que de nombreuses opinions du public, des médias et des experts de salon au sujet des services de police au Canada sont de plus en plus négatives et injustes, sans véritable justification factuelle.

Dirigée par le Dr Nick Carleton, l’étude est la toute première analyse nationale détaillée sur les lésions corporelles graves survenues lors d’interventions policières et dépassant les normes légalement approuvées. Elle précise que les erreurs commises au moment de déterminer le recours à la force approprié sont extrêmement rares et qu’elles se produisent à un taux bien inférieur à celui des préjudices corporels comparables survenant dans l’exercice d’autres professions, comme dans le domaine des soins de santé, par exemple.
En langage clair, l’étude montre que la police au Canada agit de façon professionnelle, ne blesse pas illégalement les gens et que les médias ainsi que les commentateurs faussent négativement la perception du public à l’égard de notre police ; ils incitent les Canadiens à craindre la police en faveur de clics et de victoires politiques.

Ce n’est pas seulement du journalisme biaisé et un comportement non éthique de la part des experts : ces commentaires non informés et biaisés (intentionnellement ou involontairement) déstabilisent les institutions de confiance. Dans notre monde de plus en plus polarisé, ils peuvent engendrer des problèmes réels et durables. Ils minent la confiance entre le public et ceux qui ont pour mission de servir. Le public montre une hésitation injustifiée avant de recourir à ceux qui sont formés pour l’aider dans les moments les plus sombres.
Les décisions policières sont complexes, les commentaires les simplifient à l’excès
Les représentations dans les médias et les commentaires du public ou des « experts » négligent souvent la complexité du processus décisionnel de la police, surtout dans les situations à risque élevé qui mettent en cause la sécurité publique. L’étude a révélé que les préjudices graves impliquant des policiers ayant eu recours à la force dépassant les normes légalement approuvées se produisent dans moins de 0,001 % des interactions, soit 1 interaction sur 100 000. Pourtant, les récits publics blâment souvent les policiers.
Nous avons tous vu les titres d’article comme « L’agent Untel fait l’objet d’une enquête pour X », mais nous voyons rarement l’article de suivi selon lequel l’organisme de surveillance civile indépendante a conclu que la police avait utilisé la force appropriée pour se protéger ou protéger le public. En fait, au moment où l’article est publié (si les médias choisissent de le faire, ce qui se produit rarement), les dommages sont déjà faits et le policier impliqué est jugé coupable par le tribunal de l’opinion publique.
Les préjudices dans les soins de santé sont plus fréquents que ceux liés aux interventions policières
Le rapport a également examiné le seul autre ensemble de données de comparaison disponible : les professionnels de la santé. On a constaté que les préjudices corporels pendant les hospitalisations sont beaucoup plus fréquents que lors des interactions policières, et pourtant, cela est plus souvent attribué à des problèmes systémiques qu’aux médecins, au personnel infirmier ou au personnel.
En revanche, le public, les « experts » et les médias accusent trop souvent ou laissent entendre que les policiers ont agi de façon malveillante lorsqu’une personne est blessée. Pour les travailleurs de la santé, des erreurs semblables qui entraînent des préjudices corporels sont généralement considérées comme des accidents involontaires et donnent rarement lieu à un blâme individuel ou à un examen public.
De 2014 à 2023, les lésions corporelles graves impliquant des infractions de la politique ou du code de conduite, définies dans l’étude comme un « recours à la force excédant les procédures opérationnelles normalisées légalement approuvées » [traduction], se sont produites dans seulement 1,89 cas pour 100 000 incidents mettant en cause un policier (1 sur 53 000). À titre de comparaison, un préjudice corporel évitable pendant une hospitalisation a été signalé à un taux de 5 566,67 pour 100 000 (1 hospitalisation sur 18).
1 sur 18 comparativement à 1 sur 53 000. Il n’est pas nécessaire d’être mathématicien pour savoir quelle proportion est la plus élevée.
Non, cette constatation ne signifie pas que le public et les médias devraient commencer à diaboliser les travailleurs de la santé. Ils sont aussi des héros.
À l’instar des professionnels de la santé, les membres de la Gendarmerie royale du Canada et les policiers de partout au pays ont choisi cette profession pour aider les gens. Ils sont empathiques, résilients et font preuve d’un esprit de communauté.
Les données contenues dans ce rapport ne signifient pas que nous devrions accorder une certaine indulgence à nos policiers ; elles montrent que nous devrions reconnaître activement à quel point ils agissent de façon extrêmement sécuritaire et professionnelle.
Il s’agit peut-être d’une opinion controversée en 2025, mais elle ne devrait pas l’être.
Formation des policiers : La désescalade avant tout et le poids des choix difficiles
Les policiers sont formés pour préserver la vie et n’utiliser la force que lorsque c’est absolument nécessaire pour se protéger et protéger le public. Ils suivent un modèle d’évaluation des menaces détaillé et approfondi qui oriente les interventions policières, axé sur la préservation de la vie et de la sécurité.
Chaque incident au cours duquel des policiers ont recours à la force fait l’objet d’un examen approfondi, notamment des enquêtes civiles indépendantes visant à assurer le respect des pratiques et des pouvoirs de la police.

Lorsque les policiers sont forcés de prendre des décisions difficiles lors de situations dangereuses et stressantes, ces moments les hantent souvent pour toujours, ce qui entraîne une montée en flèche du trouble de stress post-traumatique et d’autres problèmes de santé mentale chez les policiers (un autre sujet sur lequel les stratèges de salon et les médias préfèrent souvent se taire).
Comme cette nouvelle recherche le montre clairement, la grande majorité des interactions policières sont pacifiques, professionnelles et menées au service de la sécurité publique. Les policiers méritent notre soutien et non un jugement fondé sur la désinformation.

